Small

Medium

Large

X-Large

XX-Large

Rapport annuel
2020

Merci !

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) tient à remercier tous ses collaborateurs pour leur contribution à la promotion des activités de l’Office en 2020.

L’OCPM profite également de l’occasion pour remercier les groupes, organismes, citoyens, fonctionnaires et promoteurs qui ont participé aux diverses consultations publiques.

Les séances de consultation publique tenues par l’Office ont connu un franc succès grâce à l’engagement de tous les employés, professionnels, cadres et élus des arrondissements et des services centraux qui ont apporté leur aide et expertise pour assister les citoyens et les commissaires dans la compréhension des projets et des enjeux.

Sans la bonne volonté de tous, les consultations publiques de l’OCPM n’auraient pas atteint leur objectif premier de transmettre l’information et les données pertinentes sur les divers projets aux Montréalaises et aux Montréalais, en vue de recueillir leurs opinions et leurs commentaires.

Message de
la présidente

C’est un sophisme que de dire que 2020 a été une année comme nous n’en avons jamais connue, non seulement à l’Office, mais au niveau mondial. Lorsqu’en mars dernier, à l’instar du reste de la planète, le Québec s’est mis en pause, nous étions à terminer la rédaction de trois rapports et à préparer une nouvelle démarche de consultation. L’année 2019 avait été une année exceptionnelle, tant au niveau de la diversification et de l’accroissement de la participation qu’en matière d’intégration des outils et méthodes numériques en complément de nos processus. Rien ne laissait présager le grand bouleversement qu’a été cette année de pandémie.

L’adaptation, tout en préservant la prévisibilité et la crédibilité, tel était devenu le mantra de l’Office. Pour répondre au désir croissant de participation de la population montréalaise, toute l’équipe de l’OCPM s’efforçait depuis plusieurs années de constamment interroger nos façons de faire pour assurer plus de contributions. Notre slogan : Participation sans exclusion! Trousse sur l’accessibilité universelle, activités contributives citoyennes auto-organisées, prototypages, ateliers créatifs, questionnaires en ligne, jeux de rôle, la liste des moyens offerts pour tenter d’harnacher l’intelligence collective montréalaise ne cessait de s’enrichir.

Forts de nos 17 années d’expérience et de la solidité de notre processus de base, nous pouvions nous permettre d’expérimenter de mille manières pour rendre l’engagement citoyen moins intimidant au moyen d’exercices de délibération, tantôt ludiques, tantôt créatifs, mais toujours éclairants pour saisir les enjeux et mener à une prise de décision. Je veux profiter de cette occasion pour remercier tout le personnel de l’OCPM qui a mis un nombre phénoménal d’heures pour mettre en place les conditions nécessaires afin que ces nouvelles façons de faire soient des réussites, même si cela bouleverse les habitudes. Par exemple, lorsque nous planifions la démarche de consultation, nous n’hésitons pas à programmer des événements publics utilisant ces nouvelles méthodes, sans présumer d’emblée leur format ou leur contenu. Ce sont les informations recueillies lors de ces événements qui détermineront le format de la suite des événements. Nous effectuons une veille de la participation pour ajuster nos campagnes de promotion lorsqu’un groupe nous semble absent. Ceci nous a permis d’atteindre de beaux succès comme celui de la démarche de consultation sur le racisme et la discrimination systémiques dans les compétences de la Ville où le débat, même sur un sujet aussi sensible, s’est fait de façon sereine et constructive.

Une situation anxiogène, mais propice à l’innovation

C’est ce climat d’innovation et de dialogue ouvert qui nous a permis d’entrée de jeu, en mars, de réfléchir à ce que nous pourrions proposer pour garantir la poursuite de nos activités et la participation du plus grand nombre malgré les consignes sanitaires en vigueur. Une partie de ce rapport annuel est d’ailleurs consacré à une recension détaillée de notre démarche de consultation en situation de pandémie et de l’évaluation qui en a été faite.

Fracture numérique, difficultés avec l’écrit, sentiment d’insécurité généralisé, fragilité de certaines populations face aux technologies ne représentaient que quelques-unes de nos préoccupations. Nous avions toujours affirmé que les activités virtuelles ne sauraient qu’être des compléments aux activités en présentiel, car il y a dans la délibération collective, dans l’écoute de l’autre, une richesse que nous ne voulions pas perdre. Et soudain, voilà que la situation exigeait qu’on se transporte dans le monde virtuel avec à la fois les germes d’exclusions qui s’y trouvent, mais également le formidable potentiel qu’il recèle.

Au moment d’écrire ces lignes, je pense qu’on peut se dire : défi relevé! Nous ne voulons pas être jovialistes, mais les résultats des trois mandats que nous avons menés depuis l’été dernier supportent bien la comparaison avec des exercices similaires menés en présentiel. Plus de jeunes, plus de nouveaux participants, plus de questions posées, presque autant de contributions, aucune perte de crédibilité : voilà un bilan dont nous pouvons être fiers! C’est plus de 1 500 personnes qui auront utilisé les moyens mis à leur disposition par l’OCPM pour s’informer sur un sujet et pour exprimer leur opinion.

Il nous reste maintenant à nous assurer que ces nouvelles participations continuent de représenter la diversité des voix montréalaises. Si ce n’est pas le cas, nous devrons impérativement réfléchir aux nouvelles barrières à la participation générées par la pandémie et aux façons de les lever. Nous avons également à tirer des leçons des expérimentations pour faire en sorte que dans nos méthodes post-pandémie, nous conservions les meilleures pour faciliter l’accès à un public plus large, qui n’a pas toujours le temps ou l’envie de se rendre aux assemblées publiques, tout en conservant un cadre de débat qui assure des contributions éclairées.

Des avancées toujours recherchées

En 2019, nous constations qu’il était vraiment paradoxal qu’au moment où l’enjeu n’était plus ni la représentativité de la participation, ni la compétence des participants, que ce soient les processus qui mènent à la prise finale de décision qui deviennent de plus en plus opaques. Nous avons entrepris en 2020 des discussions avec l’administration pour que les décideurs justifient les choix qui sont faits et expliquent comment les propositions citoyennes ont ou n’ont pas été intégrées. On comprendra qu’avec la situation sanitaire, ce chantier est encore à développer.

Plus de jeunes, plus de nouveaux participants, plus de questions posées, presque autant de contributions, aucune perte de crédibilité : voilà un bilan dont nous pouvons être fiers!

Il en est de même pour plusieurs autres objets de travail que nous avions évoqués en 2019 tels la disparité de traitement entre les dossiers de droit d’initiative selon l’instance qui conduit la consultation, la nécessité de faire la discussion sur nos outils collectifs de consultation ou la révision de la Charte montréalaise des droits et responsabilités, ou encore la possibilité que l’Office serve aussi de creuset pour vulgariser et faire émerger de nouvelles réflexions, moins liées à un thème ou à un territoire, mais plus à des sujets génériques pour aider à façonner les priorités de demain.

Les conditions sanitaires ont mis ces projets sur pause, mais alors que l’Office se dirige vers son 20e anniversaire en 2022, soyez assurés que tous ces sujets sont résolument encore à l’ordre du jour. Au fond, le léger ralentissement qui nous est imposé est probablement une excellente occasion de se pencher de manière réflexive sur le chemin parcouru, de faire le point sur nos avancées et de dégager des pistes pour arriver à tirer pleinement avantage de la mine de savoirs d’usage recueillis par l’Office depuis sa fondation.

La présidente,

Dominique Ollivier

Dominique Ollivier

Activités

L’action de l’Office de consultation publique de Montréal se fait à la lumière de deux articles de la Charte de la Ville de Montréal, les articles 83 et 89. Il y est prévu que l’Office doit tenir des consultations sur des mandats qui lui sont donnés en fonction de critères stipulés à la Charte. On y mentionne aussi que l’Office doit faire la promotion des meilleures pratiques de consultation publique, notamment auprès des instances de la Ville. La Charte indique également que le conseil d’agglomération peut mandater l’Office pour tenir la consultation sur son territoire lorsqu’un projet visé par l’article 89 de la Charte fait partie d’une compétence d’agglomération.

Les questions de règlementation sont généralement données en vertu de l’article 89, alors que les modifications au Plan d’urbanisme et l’examen de plans ou de politiques se font en vertu de l’article 83. Cet article nous permet aussi de développer des partenariats ou d’offrir des conseils ou du soutien sur toute consultation menée par une instance de la Ville. Par cette disposition, l’Office a aussi le mandat de faire la promotion des meilleures pratiques de consultation publique.

Racisme et discrimination systémique

Règlement pour une métropole mixte

Secteur Bridge - Bonaventure

PPU de la partie nord de L’Île-des-Sœurs

Quartier Namur-Hippodrome

Les autres mandats

Également, un mandat reçu en 2019 n’a pas fait l’objet d’activités de consultation en 2020. Il s’agit d’un projet de modification du règlement adopté en vertu de l’article 89 de la Charte portant sur une partie du site de l’ancien Hôpital de Montréal pour enfants. La modification proposée touche la tour 6 du projet immobilier en cours sur ce site. L’Office n’a pas reçu de la Ville la documentation lui permettant de tenir cette consultation.

Finalement, le soutien donné par l’Office au Centre d’histoire de Montréal dans une démarche de nouveau positionnement a été suspendu dans le contexte de confinement que nous avons vécu cette année. Rappelons que ce soutien fait suite à un mandat d’accompagnement confié à l’OCPM par le comité exécutif.

À l’automne nous avons repris nos activités de consultation, pour l’essentiel en virtuel, mais en ajoutant des procédures permettant aux citoyens qui n’ont pas d’accès à Internet de participer par la poste et par téléphone.

Ces nouvelles procédures font l’objet d’un texte qui en explique le fonctionnement plus loin dans ce rapport.

Trois dossiers ont fait l’objet d’activités dans ce contexte nouveau. Le premier, dès la fin du mois d’août, portait sur un projet dans le secteur du Village Shaughnessy situé dans l’arrondissement de Ville-Marie. La consultation publique avait pour objet des modifications au Plan d’urbanisme visant les hauteurs et les densités permises dans l’arrondissement. Ces modifications avaient deux objets. D’un côté, une augmentation de la hauteur de construction permise au 1920-1940, rue Sainte-Catherine Ouest pour permettre la construction d’un immeuble de 14 et 15 étages destiné à la location de 200 logements et à des locaux commerciaux en rez-de-chaussée. La seconde modification proposait de réduire la densité et la hauteur permise dans le secteur avoisinant du Village Shaughnessy pour assurer la conservation du bâti ancien dominant dans le secteur visé.

Le mandat confié à l’OCPM a été voté par le conseil municipal le 24 février 2020, quelques semaines avant le début de la pandémie de la COVID-19. Cette situation a obligé l’Office à suspendre ses activités et à modifier son calendrier de consultation. Les activités de consultation qui devaient se tenir en mars ont finalement été réalisées à partir du mois d’août, dans un contexte essentiellement virtuel. Cette façon de faire a porté fruit puisque la participation des citoyens, groupes et entreprises a été au rendez-vous. La commission a reçu quelque 19 mémoires, a entendu 7 présentations lors de l’audition des opinions et reçu 52 opinions en ligne. Les séances virtuelles ont permis à plusieurs citoyennes et citoyens de s’exprimer et ont été visionnées plus de 1 400 fois.

Le deuxième était l’examen du Programme particulier d’urbanisme, le PPU du secteur des Faubourgs, dans l’est de l’arrondissement de Ville-Marie. Ce PPU résultait de la consultation d’amont que l’Office a menée l’an dernier sur ce même territoire. Le territoire faisant l’objet de la consultation s’étend de la rue Saint-Hubert à l’ouest à la rue Fullum à l’est, et de la rue Sherbrooke au nord jusqu’au fleuve. Il y a là des secteurs déjà très densément bâtis, mais aussi des secteurs à redévelopper comme celui de la brasserie Molson/Coors, le site de Radio-Canada, ou celui de la Porte Sainte-Marie.

Dans le contexte de la pandémie, l’ensemble des activités se sont déroulées de façon virtuelle. En premier lieu, la présentation de la Ville a été diffusée le 9 septembre en webdiffusion et est demeurée disponible sur différentes plateformes. Par la suite, la séance de questions et réponses s’est tenue le 29 septembre et diffusée en direct sur la page Facebook de l’OCPM. Pendant cette séance, les représentants de la Ville ont répondu à des questions citoyennes posées à l’avance ou en direct par téléphone.

Ensuite, l’étape des opinions s’est poursuivie jusqu’au 3 novembre. Les participants avaient la possibilité de déposer leur mémoire en ligne, les envoyer par la poste ou répondre aux questions ouvertes sur le site de l’Office. Ces dernières portaient sur quatre thématiques distinctes, soient la trame urbaine et la mobilité, l’environnement, les milieux de vie, le cadre bâti et la forme urbaine.

Les activités de consultation se sont conclues avec la tenue de six séances d’audition des opinions. Toutes les séances ont eu lieu de manière virtuelle entre le 27 octobre et le 3 novembre 2020. Elles ont été l’occasion pour tous ceux et celles qui le désiraient de présenter à la commission leur opinion.

La commission a reçu des centaines de questions d’une cinquantaine de participants lors des étapes d’information. Pour ce qui est de l’audition des opinions, la commission a reçu 83 mémoires écrits, dont 35 ont fait l’objet d’une présentation lors des séances d’audition, auxquels s’ajoute une présentation orale sans dépôt de mémoire. Par ailleurs, un total de 55 opinions ont été déposées en ligne et 3 mémoires sont parvenus par la poste. Il y a eu plus de 2 600 visionnements des vidéos de la consultation.

Les thèmes les plus abordés lors de la consultation ont été l’aménagement, la mobilité et l’habitation. À ce jour, le nombre de visionnements des vidéos de la consultation s’élève à plus de 2 650. Au total, il y a eu près de 849 participations aux activités de la démarche de consultation.

Finalement, nous avons tenu des consultations sur un projet d’école, couplé à un projet résidentiel abordable et comportant aussi des équipements collectifs, dans le secteur de Griffintown dans l’arrondissement du Sud-Ouest. La partie résidentielle du projet prévoyait que l’édifice comprenant 81 logements sociaux répartis sur 8 étages serait imbriqué au bâtiment scolaire. On y trouverait aussi des espaces de stationnement intérieur pour voitures et vélos. Une zone végétalisée et un écran acoustique sont aussi prévus pour atténuer le bruit entre ce projet mixte et les résidences voisines.

Par ailleurs, les équipements collectifs du projet consistaient en un pavillon dans la section sud du parc du Bassin-à-Bois. Ce pavillon prévoit accueillir un vestiaire, un garage à Zamboni et les équipements mécaniques nécessaires à l’opération d’une future patinoire réfrigérée à cet endroit.

Les séances sur ces projets ont été visionnées plus de 1 200 fois et une trentaine de personnes ont contribué en émettant une opinion à l’intention des commissaires. Les thèmes principalement abordés dans ces contributions avaient trait à l’école elle-même, sa présence dans le quartier, ses deux cours de récréation, et la mise à disposition de ses locaux pour les citoyens hors des heures de classe ainsi qu’au stationnement dans le quartier. Cette question a été soulevée parce que le projet d’école ne prévoit pas de stationnement, mis à part un débarcadère de 15 minutes sur la voie publique, et le projet de logement social n’offrirait pas non plus de stationnement à ses résidents. La pratique du sport, en lien avec le pavillon dans le parc du Bassin-à-Bois, notamment les sports d’hiver, a aussi retenu l’attention.

En terminant, il faut signaler qu’un mandat demeure en suspens; il porte sur la tenue d’une consultation sur le rapport du comité interministériel sur l’usage des édifices excédentaires des centres hospitaliers universitaires des universités de Montréal (CHUM) et McGill (CUSM). En l’absence du document devant faire l’objet de la consultation, aucune action n’a été réalisée relativement à ce mandat. Ce mandat a été confié à l’Office par le comité exécutif en septembre 2013.

Au total cette année, nous cumulons donc plus de 1 608 participations à l’une ou l’autre des activités de l’Office, soit en étant présents lors des consultations, soit en posant des questions, déposant des mémoires ou en participant au moyen des outils numériques dont l’Office fait de plus en plus usage.

En terminant, il faut signaler qu’un mandat demeure en suspens; il porte sur la tenue d’une consultation sur le rapport du comité interministériel sur l’usage des édifices excédentaires des centres hospitaliers universitaires des universités de Montréal (CHUM) et McGill (CUSM). En l’absence du document devant faire l’objet de la consultation, aucune action n’a été réalisée relativement à ce mandat. Ce mandat a été confié à l’Office par le comité exécutif en septembre 2013.

Au total cette année, nous cumulons donc plus de 1 608 participations à l’une ou l’autre des activités de l’Office, soit en étant présents lors des consultations, soit en posant des questions, déposant des mémoires ou en participant au moyen des outils numériques dont l’Office fait de plus en plus usage.

Racisme et discrimination systémique

L’Office a encore une fois mené beaucoup de consultations en 2020 malgré le contexte de la pandémie. La première moitié de l’année n’a pas donné lieu au départ de nouvelles consultations, mais à la finalisation de certaines déjà en cours et à la publication des rapports de ces dossiers. Il en a été ainsi de la consultation publique sur le racisme et la discrimination systémiques qui s’est tenue en vertu du droit d’initiative. Initiée en 2018, elle a connu sa conclusion par le dépôt du rapport le 15 juin de cette année.

Au total, on a pu compter sur la participation de plus de 7 000 personnes en présentiel et en ligne, un des processus les plus longs et les plus exhaustifs menés par l’Office en 18 ans d’existence. La consultation s’est déployée sur l’ensemble du territoire montréalais en utilisant une panoplie de moyens pour permettre l’expression citoyenne. L’Office dénombre plus de 1 000 personnes et organisations qui ont contribué aux 34 activités contributives citoyennes ainsi qu’à la phase formelle d’audition des opinions. En plus du rapport, la consultation lègue un ensemble de documentation incluant une riche mine de témoignages, de données, de recherches, de suggestions ainsi que de références à des expériences d’ici et d’ailleurs.

[...] Un des processus les plus longs et les plus exhaustifs menés par l’Office en 18 ans d’existence.

Conformément au souhait exprimé par les collectifs de citoyens à l’origine de cette démarche, l’OCPM a tenté, sur la base des informations qui lui ont été fournies, de cerner l’ampleur de la problématique, d’identifier les groupes qui pourraient potentiellement en être victimes, et de dégager des perspectives porteuses ainsi que des initiatives concrètes à insérer dans les politiques et programmes de la Ville, en cohérence avec ses responsabilités, pour assurer un changement véritable. D’entrée de jeu, la commission constate que malgré un discours généreux au niveau des principes et de nombreuses actions entreprises par la Ville, les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Dans son rapport, la commission formule 11 constats et 38 recommandations pour orienter les décisions de l’administration municipale. Dans un premier temps, de grandes recommandations transversales, dont le point de départ est la reconnaissance de l’existence du phénomène, visent la mise en oeuvre de changements opérationnels qui concordent avec le diagnostic. Puis, dans un second temps, elle formule des recommandations thématiques qui s’attaquent à des problématiques spécifiques, tels la représentativité au sein des effectifs et des instances de la Ville, le profilage racial et social, la culture et les iniquités sociales.

Règlement pour une métropole mixte

La consultation sur les modifications au Plan d’urbanisme relatives au logement, connue sous le nom de Montréal, métropole mixte, a connu le même cheminement. En septembre 2019, l’Office a entrepris cette consultation qui s’est poursuivie tout au long de l’automne et au début de 2020. La commission a rendu public son rapport le 14 mai.

La qualité et la diversité des contributions reçues témoignent bien de l’intérêt que suscite cette question chez une grande variété d’intervenants.

La consultation comportait deux projets de règlement visant à définir les orientations municipales et à accroître l’offre en matière d’habitation sociale, d’habitation abordable et d’habitation pour les familles sur le territoire de la Ville de Montréal. La consultation a mobilisé plus de 1 000 participations aux différentes activités d’information et d’expression des opinions. La commission a ainsi reçu 233 opinions écrites et entendu 44 présentations orales. La qualité et la diversité des contributions reçues témoignent bien de l’intérêt que suscite cette question chez une grande variété d’intervenants.

Dans son rapport, la commission constate que les objectifs généraux et le portrait de l’habitation rencontrent l’adhésion d’une majorité de participants, qui perçoivent dans l’initiative municipale une volonté d’écouter les besoins des citoyens et d’agir en ce sens. Toutefois, de nombreuses interrogations subsistent quant à la capacité des projets de règlement d’atteindre les objectifs énoncés.

Si les intervenants reconnaissent la valeur et l’effet potentiellement structurant de la dimension « logement social » des règlements proposés, beaucoup de concepts et de paramètres concernant les volets abordable et familial sont remis en cause par une majorité de participants. Il est important de souligner que les deux projets de règlement soumis à la consultation ont été élaborés dans le contexte d’effervescence immobilière prévalant en 2019, aussi bien dans la grande région métropolitaine qu’à l’échelle locale. Il faut également rappeler que la consultation a eu lieu avant la crise sanitaire qui a vu des centaines de milliers de personnes à Montréal être confinées à leur domicile.

La commission a néanmoins fait 16 recommandations pour que le tandem règlementaire proposé permette d’améliorer dans l’immédiat l’offre de logement, mais aussi de consacrer les ressources et le temps nécessaires pour réaliser certaines phases incontournables du continuum de planification telles la signature de l’entente relative à la Stratégie nationale sur le logement, la définition d’une vision métropolitaine partagée en matière d’habitation et la révision du Plan d’urbanisme de Montréal. Elle propose donc de reporter l’adoption d’une partie du règlement afin d’approfondir les aspects remis en cause par les participants, notamment en ce qui a trait à l’abordabilité des logements et au périmètre d’application du règlement.

Secteur Bridge - Bonaventure

La consultation sur le secteur Bridge-Bonaventure s’est conclue en début 2020, alors que le rapport était rendu public en février. D’une superficie de 2,3 km2, situé à cheval sur les arrondissements du Sud-Ouest et de Ville-Marie, il comprend les abords des ponts Samuel-De Champlain et Victoria, le parc d’entreprises de la Pointe-Saint-Charles, les rives du fleuve, les bassins Peel et Wellington, la Cité du Havre, la Pointe-du-Moulin ainsi que le quai Bickerdike.

Le secteur Bridge-Bonaventure est actuellement fortement minéralisé, morcelé par les infrastructures de transport, peu convivial pour les transports actifs, mais aux paysages et patrimoines uniques. Le secteur, également occupé par des activités économiques diversifiées, est très peu habité.

De mai à octobre 2019, plusieurs activités de consultation en personne et en ligne se sont tenues afin de permettre à tous de s’informer, de discuter de la vocation du secteur, de mieux le découvrir, de s’inspirer d’exemples d’ici et d’ailleurs et de donner son opinion. Les principaux sujets de discussion ont été : la vocation du territoire, les éléments patrimoniaux à mettre en valeur, les déplacements en transport actif et collectif, les espaces publics et leur connectivité, le renouvellement des activités économiques, les entrées de ville et l’idée d’un stade de baseball dans le secteur. La participation a été très importante et active. Les résultats de la consultation permettront à la Ville de Montréal de préparer un document de planification comprenant des hypothèses de mise en valeur.

D’avril à octobre 2019, 4 000 participations, en personne et en ligne, ont été dénombrées aux diverses étapes de la démarche. La commission a reçu et entendu 169 opinions. Plus de 1 000 répondants ont rempli le questionnaire en ligne. Cette participation témoigne d’un grand attachement pour le secteur et pour ce qu’il représente sur les plans historique, patrimonial, économique, culturel et social.

Cette participation témoigne d’un grand attachement pour le secteur et pour ce qu’il représente sur les plans historique, patrimonial, économique, culturel et social.

Dans son rapport rendu public le 9 mars, l’OCPM fait près d’une cinquantaine de recommandations pour mieux incarner la vision, protéger et célébrer le patrimoine, améliorer les déplacements, ainsi que pour faire de ce territoire un milieu verdoyant, résilient, innovant et soucieux d’engager les communautés locales dans son développement.

Dans l’ensemble, la commission constate que la vision proposée par la Ville a été bien reçue. Les participants ont souligné unanimement que ce territoire demande à être revitalisé et rattaché plus organiquement aux quartiers avoisinants. Seule la question du renouvellement des activités urbaines et économiques a suscité plus d’opinions divergentes.

Quant au controversé projet de stade de baseball au bassin Peel, il a fait l’objet de commentaires par la majorité des participants. Il convient toutefois de rappeler que le sujet demeure périphérique à l’objet de la consultation. Le document d’information préparé par la Ville au début de l’exercice n’en faisait pas mention et ce n’est qu’au moment de l’audition des opinions que les promoteurs du projet ont plus officiellement annoncé leurs intentions. Mais aucun plan ou projet n’a été déposé. Rappelons qu’en vertu de la règlementation présentement en vigueur, une consultation publique distincte devrait avoir lieu si un projet plus précis était déposé.

PPU de la partie nord de L’Île-des-Sœurs

La consultation sur le projet de programme particulier d’urbanisme (PPU) de la partie nord de L’Île-des-Soeur a aussi connu sa conclusion en 2020. Situé dans l’arrondissement de Verdun, le secteur de planification est d’une superficie d’environ 79 hectares. Principale porte d’entrée sud du centre-ville de Montréal, il est à l’intersection des autoroutes 10 et 15 et du nouveau pont Samuel-De Champlain. Le secteur comprend la Place du Commerce, principal noyau commercial de L’Île-des-Soeurs, le Campus Bell Canada et la Pointe-Nord, un quartier mixte combinant résidences et commerces.

Le projet de PPU vise la création d’un milieu de vie et d’emploi de type TOD (Transit-Oriented Development) aux abords de la future station du Réseau express métropolitain (REM). La consultation a connu une participation très importante, tant dans ses aspects présentiels que virtuels.

La consultation, qui s’est déroulée de septembre à novembre 2019, proposait de réfléchir à la transformation en un milieu de vie et d’emploi structurant de ce secteur, coeur de l’activité économique du quartier. L’outil règlementaire retenu à cet effet est un programme particulier d’urbanisme (PPU). Près de 3 700 participations ont été recensées aux diverses étapes de la consultation pour laquelle la commission a reçu plus de 550 opinions écrites. Le rapport a été rendu public le 14 mai.

La vision d’avenir mise au jeu se déclinait en cinq orientations axées sur une densification souhaitable avec l’arrivée prochaine d’une station du REM, une transformation de la mobilité vers des modes de déplacement plus actifs, une mise en valeur des composantes historiques, naturelles et paysagères, ainsi qu’un encadrement de la forme bâtie et de sa performance environnementale. Dans son rapport, la commission constate que la vision et les grandes orientations du PPU reçoivent généralement un accueil positif et recommande d’adopter le PPU, à condition de revoir le concept d’aménagement et les interventions proposées afin de mieux les arrimer à cette vision.

Transformer la Place du Commerce, compléter le quartier Pointe-Nord, densifier le territoire autour de la gare du REM et créer un quartier complet de type TOD ont été perçus comme des interventions souhaitables. Cependant, le concept d’aménagement et les actions proposées n’ont pas suscité une forte adhésion. Pour accroître l’acceptabilité du projet de PPU, le rapport de la commission fait 25 recommandations qui touchent, entre autres, les hauteurs et densités, la mixité sociale, la mobilité et l’aménagement urbain. La commission s’est aussi penchée sur la gestion des nuisances temporaires, occasionnées par les travaux du REM et du pont, ainsi qu’à celles plus permanentes liées à la présence des axes routiers. Quant à la gouvernance, la recommandation de la commission prône une meilleure concertation avec les parties prenantes.

Quartier Namur-Hippodrome

Un mandat avait été donné en 2019 à l’Office pour examiner le projet de mise en valeur du site Namur-Hippodrome dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. La Ville entend requalifier le site de l’ancien hippodrome et des abords de la station de métro Namur. Elle propose d’y développer un milieu de vie complet, inclusif et carboneutre axé sur le transport actif et collectif. Plus de 6 000 logements pourraient y être construits. Cette consultation permettra de mieux comprendre les attentes et les besoins des citoyens et des acteurs du milieu afin de construire une vision commune pour ce futur quartier.

Le territoire du futur quartier Namur-Hippodrome est composé des abords de la station de métro Namur et du site de l’ancien hippodrome, propriété de la Ville de Montréal depuis 2017. Cet ensemble de 75 hectares est bordé à l’est par l’avenue Mountain Sights, au sud et à l’ouest par les emprises des voies ferrées du CP, et au nord par la limite de la Ville de Mont-Royal. Une première soirée d’information s’est tenue le 20 novembre 2019 et d’autres activités de consultation, tant présentielles que virtuelles, ont été tenues au début de 2020. Le rapport a été rendu public le 1er octobre.

Plus de 2 800 participations ont été enregistrées pendant les diverses étapes de la démarche. La commission a reçu et entendu 135 opinions et pris en considération les 788 répondants au questionnaire en ligne. Rappelons que les séances d’audition des opinions se sont terminées le 19 février, soit quelques semaines avant la mise en place des mesures extraordinaires rendues nécessaires par l’épidémie mondiale de coronavirus que nous connaissons. L’analyse de la commission n’a donc pas pu bénéficier de la lecture citoyenne du contexte qui prévaudra post-COVID-19, ou tenir compte des fluctuations potentielles de l’opinion publique sur plusieurs sujets abordés lors de la consultation.

Néanmoins, la commission a noté que la Ville ne s’avance pas de façon explicite sur un énoncé de vision, mais s’en tient à proposer cinq principes de mise en valeur qui devront encadrer la création du nouveau quartier Namur-Hippodrome. Ces cinq principes, qui sont directement en lien avec la volonté d’aménager un quartier où la santé de la nature et la santé des personnes dans la planification de toute intervention ou décision d’aménagement reçoivent un accueil plutôt positif, mais différent selon que les points de vue sont exprimés d’une perspective métropolitaine ou locale. La commission estime que ces principes doivent être retenus et inclus dans un énoncé de vision clair.

Le défi de faire cohabiter un quartier à faible empreinte écologique et carboneutre, propice à l’épanouissement d’une mixité de ménages et innovant, avec un environnement plus hostile traversé par de lourdes infrastructures de transport, aux prises avec d’énormes problèmes de congestion routière, et bordé par un secteur industriel, suscite à la fois enthousiasme et inquiétudes sur le réalisme du projet. De plus, l’orientation visant à réduire considérablement la place de l’automobile pour favoriser le transport actif et collectif reçoit également un accueil mitigé, selon qu’on réside sur le territoire de la Ville de Montréal ou dans une des villes liées qui bordent le site.

La méthode COVID

À l’instar de nombre d’autres secteurs d’activité au Québec et ailleurs dans le monde, la pandémie de COVID-19 a incité l’OCPM à réfléchir à de nouvelles façons d’organiser les consultations publiques. Notre modèle pour les consultations est basé sur le principe des audiences publiques prévues à la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (LAU), qui repose sur la présence des populations concernées lors des étapes essentielles que sont les séances d’information et les séances d’audition des opinions. Cette façon de faire, élargie à l’ensemble de nos processus, s’inscrit dans la promesse de transparence et d’indépendance fondamentale à l’OCPM.

Jusqu’en mars 2020, les expérimentations de participation en ligne s’inscrivaient en complément de notre processus traditionnel. Il s’agissait essentiellement de visionnement de séances d’information, questionnaires, de plateformes de débat ou permettant d’émettre des préférences, ainsi que de cartes interactives. Nous avions constaté que ce volet virtuel stimulait l’appropriation des thèmes et nous aidait à conquérir de nouveaux publics attentifs à la consultation.

Le printemps dernier, lorsque le contexte de crise sanitaire a limité les rassemblements et imposé la distanciation physique, il est devenu nécessaire de repenser rapidement le modèle traditionnel pour s’adapter aux nouvelles circonstances. Certes, les avancées technologiques rendent possible la participation à distance à la fois pour les commissaires, la Ville, les promoteurs et les citoyens. Toutefois, de nombreuses interrogations persistaient face à cette virtualisation de la participation. Puisque de nombreux pans d’activité étaient suspendus, ne serait-il pas préférable qu’il en soit de même pour la consultation publique? Était-il approprié de mettre en place de nouveaux moyens de consultation dans un contexte où les priorités d’éventuels participants se trouveraient ailleurs, notamment dans la préservation de leur santé, dans la survie économique ou même dans la conciliation télétravail-famille? Qu’en serait-il de la préservation de la crédibilité des processus? Quelle proportion de la population avait à la fois les outils et la connaissance de leur fonctionnement pour participer? Risquions-nous d’exclure des personnes?

Puisque de nombreux pans d’activité étaient suspendus, ne serait-il pas préférable qu’il en soit de même pour la consultation publique?

Face à cette situation inédite et en concordance avec le mandat de veille des meilleures pratiques qui nous est confié par la Charte de la Ville de Montréal, il nous est apparu important d’effectuer une évaluation des attentes de la population face à la consultation publique afin de mieux jauger la nature des gestes à poser.

C’est ainsi que nous nous sommes lancés dans un processus qui a duré près de neuf mois, au cours duquel nous avons évalué les attentes citoyennes, développé une méthode qui respecte à la fois nos grands principes et les consignes sanitaires, expérimenté cette méthode sous forme de deux projets pilotes qui ont fait l’objet d’une évaluation en continu afin de nous permettre d’ajuster rapidement le tir lorsque des difficultés se présentaient. De ce formidable chantier, nous avons tiré des leçons, non seulement pour le temps de la pandémie, mais aussi pour l’avenir, quand se matérialisera une nouvelle normalité.

Le point de départ

À l’Office, nous avons investi beaucoup ces dernières années pour renverser les paradigmes, en choisissant d’aller vers la population dans les lieux de vie afin de bénéficier de ses savoirs d’usage. Ce faisant, nous avons redécouvert que plusieurs méthodes issues des pratiques de l’éducation populaire sont les meilleurs moyens de faire entendre la voix des personnes qui, traditionnellement, participent peu; que l’on est toujours gagnants en misant sur l’accessibilité; et que les plus grandes innovations, celles qui créent de l’équité entre les personnes, sont rarement technologiques. Il était donc primordial de ne pas perdre cela de vue en élaborant nos processus de consultation en temps de COVID-19, cette période ayant vu des développements fulgurants au niveau des technologies.

Le point de départ

À l’Office, nous avons investi beaucoup ces dernières années pour renverser les paradigmes, en choisissant d’aller vers la population dans les lieux de vie afin de bénéficier de ses savoirs d’usage. Ce faisant, nous avons redécouvert que plusieurs méthodes issues des pratiques de l’éducation populaire sont les meilleurs moyens de faire entendre la voix des personnes qui, traditionnellement, participent peu; que l’on est toujours gagnants en misant sur l’accessibilité; et que les plus grandes innovations, celles qui créent de l’équité entre les personnes, sont rarement technologiques. Il était donc primordial de ne pas perdre cela de vue en élaborant nos processus de consultation en temps de COVID-19, cette période ayant vu des développements fulgurants au niveau des technologies.

Nos revues de littérature en début de pandémie étaient sans équivoque. Plus de 85 % de la population montréalaise est connectée, mais plusieurs (au moins 20 % de la population) demeurent encore fragiles dans l’utilisation des technologies. Les raisons en sont multiples, allant du coût des services à la capacité de s’en servir adéquatement, en passant par le niveau de littératie. Nous ne nous illusionnions pas. À l’Office, bien que nous fassions depuis toujours d’énormes efforts de vulgarisation et que nos chiffres de participation soient constamment à la hausse, nous étions conscients que les objets de nos consultations sont souvent techniques, utilisent un vocabulaire élaboré, et demandent un certain niveau de confiance en soi, en la justesse de son opinion et en ses capacités pour participer pleinement. La diversification des méthodes que nous avions entreprise avant la pandémie ouvrait la voie à des expressions de populations plus fragiles, mais ce n’était pas encore la majorité des opinions reçues.

C’est pourquoi il était primordial de profiter du premier confinement pour sonder nos participants, toutes catégories confondues, pour confirmer leur envie de poursuivre les démarches d’engagement citoyen et pour identifier les meilleurs moyens nous permettant de soutenir cette participation.

Une fois cette étape préalable réalisée, l’équipe de l’OCPM s’est penchée sur nos processus, a identifié les éléments essentiels à traduire en virtuel, les principaux freins à la participation qui se dégageaient de l’enquête, ainsi que les meilleurs moyens pour les lever.

Méthodologie

Trois outils ont été utilisés pour réaliser l’enquête préalable entre mars et juin 2020. Un questionnaire en ligne a été conçu pour joindre le public en général, particulièrement les personnes qui suivent les travaux de l’OCPM par la voie de l’infolettre ou des différents réseaux sociaux. Des entrevues téléphoniques à partir d’un questionnaire ont été conduites auprès de participants ayant fait le choix d’une contribution uniquement présentielle à des consultations s’étant déroulées en 2018 ou 2019. Ces participants avaient pour particularité d’avoir présenté une opinion orale lors d’une audience devant les commissaires, mais sans avoir transmis de manière préalable un document écrit. Nous étions donc particulièrement intéressés à connaître leur point de vue sur la participation à des processus qui se dérouleraient entièrement de manière virtuelle. Dans une dernière étape, quatre entrevues téléphoniques de fond ont été menées auprès de promoteurs et de représentants d’organismes communautaires.

Une fois le processus COVID élaboré pour chacun des deux projets pilotes, les éléments suivants ont été utilisés pour en faire la surveillance en continu et l’évaluation.

  • Après chaque activité publique, les participants étaient invités à remplir un formulaire d’appréciation en ligne.
  • Ceci était suivi d’entretiens en profondeur avec une variété de citoyens ayant participé aux diverses étapes : promoteurs ou représentants de la Ville, personnes ayant visionné en direct ou en différé les séances d’information ou les séances de questions/réponses, personnes ayant soumis une question formulée d’avance, personnes ayant participé à la tribune téléphonique en direct, personnes ayant soumis une opinion en ligne, personnes ayant présenté une opinion devant les commissaires, etc.
  • Finalement, des groupes de discussion ont été organisés avec les commissaires et avec l’équipe de l’OCPM.

Pour les personnes qui n’ont pas accès à Internet ou qui sont moins familières avec l’utilisation de la technologie, il est toujours possible de demander à recevoir par la poste les informations et documents servant de base à la consultation. La trousse postale contient habituellement : le dépliant de la consultation; le document d’information fourni par le promoteur ou la Ville; un formulaire thématique pour faciliter la rédaction d’opinion; et une enveloppe-réponse préaffranchie.

Ce qui se dégage de l’expérience

Alors que le quotidien des gens a été monopolisé pendant trois saisons par l’apprentissage et la mise en application de mesures pour protéger leur santé et que les impacts sur l’économie ont été importants, leur volonté de participer à des processus consultatifs ne semble pas affectée. Près de 92 % des répondants ont insisté sur la nécessité que les différents gouvernements continuent à stimuler la contribution citoyenne au débat public. Cette opinion s’est confirmée dans les entretiens avec les promoteurs et les représentants d’organismes communautaires. Bien que leurs motifs diffèrent, tous étaient d’avis que la vie doit continuer et qu’il n’y avait pas de temps à perdre pour commencer à rebâtir l’économie de Montréal, pour entretenir le dialogue entre la Ville et les citoyens et, surtout, éviter des décisions unilatérales des instances publiques en prétextant l’urgence.

Nos résultats montrent que la participation citoyenne en 2020 n’a pas faibli et que l’attachement envers les valeurs démocratiques n’a pas été ébranlé par la crise. Durant l’enquête préliminaire, une majorité de répondants en ligne Faubourgs(plus de 62 %), évaluaient à plus de 8, sur une échelle de 0 à 10, leur intérêt à suivre les travaux d’une consultation publique en mode virtuel sur un sujet qui les intéresse. Cette proportion atteignait plus de 80 % pour les personnes interrogées par téléphone, indiquant que les moyens numériques de participation ne représentent généralement pas un obstacle à la participation. À partir du moment où il est acquis que la consultation suscite un intérêt important, les répondants ne rechignaient pas à l’idée d’avoir recours à des moyens virtuels, en admettant qu’une période de deux heures de suite derrière un écran était probablement le maximum tolérable.

Cet intérêt s’est avéré durant les expérimentations, alors que le nombre d’opinions en ligne, de mémoires et de présentations devant les commissaires demeurait assez semblable à celui de consultations comparables de l’avant-pandémie. Quant aux chiffres de visionnement, ils dépassent largement ceux dont on disposait pour la même période.

Participations aux activités de 3 consultations dans l’ouest de Ville-Marie

Participations aux activités de 2 consultations sur le territoire des Faubourgs

Les personnes interrogées ont largement réitéré leur confiance dans les processus de l’Office ainsi que la validité des conclusions auxquelles arrivent les commissaires à partir des données dont ils disposent et des opinions exprimées. Auprès des promoteurs et représentants de groupes communautaires interviewés, l’image de l’OCPM semble aussi positive qu’avant, alors que l’on retient les mots force, rigueur et structure organisée pour décrire ses méthodes.

On aime à penser que l’OCPM réfléchit en dehors du cadre et qu’il porte un regard objectif et relativement critique aux projets qui sont soumis à la consultation publique. On soutient aussi que l’OCPM n’a pas peur d’être critiqué et, en ce sens, il fait généralement preuve d’audace, voire de courage dans ses processus et ses recommandations.

On perd, on gagne…

Les deux projets pilotes ont été considérés avec toute la prudence qui se doit d’être pour s’assurer que les nouvelles façons de faire permettent la même qualité d’échange et la même possibilité d’exprimer librement une opinion.

Les avantages perçus des consultations virtuelles sont :
  1. De permettre la démocratie et rassurer les citoyens;
  2. De permettre à un plus grand nombre de personnes de suivre les travaux;
  3. L’atteinte d’un haut niveau de transparence;
  4. La fluidité du lien entre la chose publique et le citoyen;
  5. L’accessibilité universelle.
Les limites appréhendées sont les suivantes :
  1. La fracture numérique qui pourrait empêcher certains groupes, déjà marginalisés, de participer, ne disposant pas des outils technologiques appropriés;
  2. La perte de l’interaction entre les différents intervenants qui aide à sentir, à comprendre, à transmettre les émotions;
  3. La réduction de la diversité des opinions entendues.

Bien qu’on puisse dire largement mission accomplie pour nos projets pilotes, l’expérience nous invite tout de même à demeurer prudents et à bien faire la part des choses.

Si nous pouvons indéniablement, à la lumière des données recueillies, émettre l’hypothèse que nous avons gagné de nouveaux adeptes, qui sont plus jeunes que nos participants traditionnels et qui en étaient à leur première participation à un processus de l’Office, il n’en demeure pas moins que le profil social de ces participants révèle que ce sont des diplômés universitaires, généralement en emploi. Les personnes ayant présenté leur opinion devant les commissaires sont largement des représentants de groupes organisés et d’entreprises. Les belles avancées de prises de parole citoyennes diversifiées remarquées en 2019 semblent s’être essoufflées en contexte de pandémie.

Par ailleurs, la participation des femmes, que nous avions particulièrement travaillée depuis 2014 jusqu’à atteindre la zone de parité en 2018 et 2019, a reculé en 2020. À quoi attribuer ce phénomène? À une nouvelle répartition des tâches induite par la conciliation télétravail-famille dans la mesure où tous et toutes sont à domicile? À un transfert de la participation en présentiel traditionnellement majoritaire des hommes vers les mécanismes en ligne qui dilueraient les chiffres? Ou, de façon plus positive, une mutualisation des écrans qui fait qu’on participe en famille, une donnée que les macros disponibles ne nous permettent pas de vérifier? Difficile d’identifier de façon certaine les raisons. On ne peut que constater les chiffres.

Il semblerait également que l’absence d’événements rassembleurs, jumelée au confinement total ou partiel vécu dans les derniers mois, amène aussi de la confusion dans les échéances de participation. Ainsi, il faut mettre beaucoup plus d’énergie à communiquer et trouver de nouvelles façons d’attirer l’attention de participants potentiels. À cela s’ajoutait, vers la fin de 2020, une certaine fatigue de temps d’écran, qui nous a incité à explorer différentes facettes de la participation asynchrone.

Les participants ont déclaré beaucoup apprécier la séance d’information en deux temps distincts qui permet de participer plus et de participer mieux. Ils aiment également les questions posées par écrit ou sur la boîte vocale qui permettent de mieux formuler sa pensée et de retourner vérifier les informations disponibles. Toutefois, on déplore que les questions soient lues par des tiers, ce qui pour certains, édulcore les propos et fait perdre l’intention derrière la question. Plusieurs appellent également à un renforcement des interventions des commissaires puisque, lorsque les réponses ne sont pas satisfaisantes, la population perd des occasions de demander des précisions. De même, la présentation devant les commissaires, eux-mêmes dans leur lieu de vie, devient moins formelle, moins intimidante.

Réflexions pour planifier l’après-pandémie

Flexibilité, fluidité, innovation et convivialité sont les épithètes utilisées par les différentes catégories de personnes pour décrire nos méthodes virtuelles, ce qui nous amène à penser que certains gains vont probablement demeurer bien au-delà de la pandémie. On peut notamment penser au recours au virtuel pour exprimer son opinion ou à la webdiffusion de l’ensemble du processus. Les restrictions ont favorisé une montée en compétence rapide de l’utilisation des technologies, tout comme une accélération des fonctionnalités de celles-ci. On ne parle plus de potentiel comme dans la décennie dernière.

Il n’en demeure pas moins que plusieurs questions continuent de se poser. Le virtuel sera-t-il à la hauteur pour tous les types de consultation? Comment va-t-on tenir compte des différentes conditions d’accès au contenu des personnes (grandeurs d’écran, instabilité de réseau, contexte familial, etc.)? Comment pourra-t-on ramener dans l’espace virtuel les éléments délibératifs et les interactions qui permettent aux personnes de transcender leur propre opinion pour se mettre dans la peau des autres et chercher le bien commun?

Alors qu’on nous annonce encore en 2021 de nombreux mois où les gestes-barrières et les mesures de distanciation physique et sociale vont perdurer, ce sera peut-être l’occasion pour un OCPM résolument en marche vers son 20e anniversaire de bonifier ses pratiques et d’évoluer vers un nouveau modèle. Mais, peu importe ce que l’avenir nous réserve, il va falloir conserver dans des formules probablement hybrides, ce qui a toujours fait la force de nos interventions : la crédibilité, la transparence et l’accessibilité.

Il n’en demeure pas moins que plusieurs questions continuent de se poser. Le virtuel sera-t-il à la hauteur pour tous les types de consultation? Comment va-t-on tenir compte des différentes conditions d’accès au contenu des personnes (grandeurs d’écran, instabilité de réseau, contexte familial, etc.)? Comment pourra-t-on ramener dans l’espace virtuel les éléments délibératifs et les interactions qui permettent aux personnes de transcender leur propre opinion pour se mettre dans la peau des autres et chercher le bien commun?

Alors qu’on nous annonce encore en 2021 de nombreux mois où les gestes-barrières et les mesures de distanciation physique et sociale vont perdurer, ce sera peut-être l’occasion pour un OCPM résolument en marche vers son 20e anniversaire de bonifier ses pratiques et d’évoluer vers un nouveau modèle. Mais, peu importe ce que l’avenir nous réserve, il va falloir conserver dans des formules probablement hybrides, ce qui a toujours fait la force de nos interventions : la crédibilité, la transparence et l’accessibilité.

Communications

Une année en trois temps : d’abord, un début d’année dans la créativité d’espaces participatifs, avec le Colloque Namur-Hippodrome (11 conférenciers, dont la conférence d’ouverture en direct de la France, des kiosques et trois ateliers créatifs avec les citoyens). Ensuite, une saison de chamboulements où nous nous sommes beaucoup questionnés sur les impacts de la pandémie sur la participation citoyenne, tout en publiant quatre rapports de consultations importantes tenues à l’automne. Culminant avec la plus grande opération de communications à la sortie d’un rapport : celui sur le racisme et la discrimination systémiques. Deux journées de feu roulant d’entrevues radio, télé, journaux, de la présidente de l’Office et une entrevue maison diffusée en direct. Pour cette consultation, nous avons aussi produit un document synthèse infographié disponible en français et en anglais et plusieurs vidéos explicatives offrant un sous-titrage bilingue. Enfin, une rentrée à mettre en place un nouveau modèle de consultation à distance qui propose un bel équilibre entre l’utilisation des nouvelles technologies et le recours aux méthodes de communications plus traditionnelles.

Une année en trois temps : d’abord, un début d’année dans la créativité d’espaces participatifs, avec le Colloque Namur-Hippodrome (11 conférenciers, dont la conférence d’ouverture en direct de la France, des kiosques et trois ateliers créatifs avec les citoyens). Ensuite, une saison de chamboulements où nous nous sommes beaucoup questionnés sur les impacts de la pandémie sur la participation citoyenne, tout en publiant quatre rapports de consultations importantes tenues à l’automne. Culminant avec la plus grande opération de communications à la sortie d’un rapport : celui sur le racisme et la discrimination systémiques. Deux journées de feu roulant d’entrevues radio, télé, journaux, de la présidente de l’Office et une entrevue maison diffusée en direct. Pour cette consultation, nous avons aussi produit un document synthèse infographié disponible en français et en anglais et plusieurs vidéos explicatives offrant un sous-titrage bilingue. Enfin, une rentrée à mettre en place un nouveau modèle de consultation à distance qui propose un bel équilibre entre l’utilisation des nouvelles technologies et le recours aux méthodes de communications plus traditionnelles.

Au moment de faire ce bilan de l’année, un constat est clair, qu’il s’agisse de l’organisation du travail à distance lors des nombreuses itérations dans le prototypage et le déploiement d’un nouveau modèle de consultation à distance, ou encore du développement d’outils et de tutoriels afin de faciliter la participation, 2020 aura donc généré une quantité jamais vue de travail invisible.

Aussi, plusieurs questions auparavant associées à la réflexion stratégique en communications sont devenues centrales à la recherche de solutions globales.

Comment limiter les effets négatifs de la fracture numérique? Comment « rentabiliser » le temps d’attention en ligne? Quels sont les meilleurs moyens pour permettre la participation asynchrone?

Ces sujets vous intéressent? Lisez notre section spéciale sur l’adaptation à la COVID-19.

Aussi, plusieurs questions auparavant associées à la réflexion stratégique en communications sont devenues centrales à la recherche de solutions globales.

Comment limiter les effets négatifs de la fracture numérique? Comment « rentabiliser » le temps d’attention en ligne? Quels sont les meilleurs moyens pour permettre la participation asynchrone?

Ces sujets vous intéressent? Lisez notre section spéciale sur l’adaptation à la COVID-19.

Il est évident que le développement du modèle de consultation à distance aura amené son lot de défis en matière de communications. Si nous avions déjà l’habitude des webdiffusions, l’ajout de l’interaction avec le public à distance (tribune téléphonique) et la participation postale restaient à mettre en place. En cours de route, plusieurs nouveautés se sont ajoutées à nos pratiques : l’ajout des diffusions en direct sur YouTube, des tutoriels vidéo afin de permettre une familiarisation rapide avec les différentes rubriques du site Web de la consultation, et les séances d’audition des opinions en vidéoconférence, maintenant disponibles pour visionnement en différé.

Enfin, 2020 nous aura aussi poussés à développer de nouveaux formats de contenus vidéo : des entrevues maison avec la présidente de l’OCPM, des capsules thématiques lors de la sortie du rapport sur le racisme et la discrimination systémiques, des tutoriels de navigation du site Web, plus de stories Facebook et Instagram ainsi que de nouveaux formats publicitaires animés pour susciter la participation en ligne.

Cela dit, nos activités de communication traditionnelles se sont aussi maintenues. Lorsque l’OCPM tient une consultation publique, il déploie une panoplie de moyens de communication afin de joindre les gens et de leur transmettre de l’information conviviale et accessible. L’Office envoie, selon le cas, des invitations directes à des citoyens et à des organismes concernés par le projet de consultation en cours. Généralement, l’Office distribue par courrier postal un dépliant d’information annonçant la consultation à la population concernée par un projet donné. Selon les consultations, cette distribution peut couvrir de 1 500 à 68 000 foyers. L’an dernier, c’est plus de 65 000 dépliants qui ont été distribués dans les secteurs voisins des projets faisant l’objet de consultations. L’Office donne aussi très régulièrement des nouvelles de ses activités par le biais de son infolettre. Cette année, 34 infolettres ont ainsi été envoyées. La liste de diffusion rassemblant près de 6 500 citoyens ou organismes abonnés, c’est près de 210 000 messages qui ont ainsi été livrés. En 2020, l’Office a aussi publié 2 avis publics dans un quotidien et a émis 13 communiqués de presse ou invitations aux médias. Aussi, pour chacune des consultations publiques, une campagne publicitaire sur Facebook et Instagram a été réalisée.

L’Office fait une utilisation soutenue des réseaux sociaux pour promouvoir ses activités auprès de la population montréalaise. Nous faisons une utilisation régulière de Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn et YouTube. Facebook demeure notre communauté la plus nombreuse et dynamique : un canal d’une grande efficacité pour informer et susciter la participation. Cette année, notre page Facebook a rassemblé 10 480 abonnés et près de 21 000 personnes y ont interagi avec nos publications, alors que notre portée totale s’est chiffrée à près de 500 000 personnes, c’est-à-dire le nombre de personnes qui ont vu l’un ou l’autre des contenus associés à notre page (les 2 dernières statistiques compilent les utilisateurs uniques/jour).

Site Internet

Le site Web de l’OCPM continue d’informer les citoyens et les groupes intéressés par les consultations publiques et reste une source documentaire importante en aménagement urbain avec plus de 18 000 documents. Cette année, malgré plusieurs mois sans grandes nouveautés, le site Internet de l’Office a connu une fréquentation soutenue de 49 000 visiteurs uniques. À l’heure des bilans, nous constatons avec ravissement que ceux-ci présentent une composition paritaire (51,5 % de femmes) et que toutes les catégories d’âges y sont assez également représentées (avec une certaine prépondérance des 25-34 ans).

2020 en chiffres

7consultations publiques
24événements publics de l’Office
455opinions orales ou écrites présentées aux commissions
65 000 + dépliants distribués
6292visionnements en webdiffusions
1/3en direct
2/3en différé
1 608participations à une activité de consultation en personne ou en ligne

Abonnés à nos réseaux sociaux :

Facebook10 480
Twitter2 963
LinkedIn2 177

Rayonnement

Depuis sa mise sur pied en 2002, l’Office a eu l’occasion de développer un réseau de contacts auprès d’organismes ayant des missions semblables à la sienne. Ces contacts ont contribué à améliorer les façons de faire de l’OCPM. Les activités externes de l’Office favorisent la diffusion du savoir-faire, la mise en valeur et le partage des expériences montréalaises.

Localement et au Québec, et tout au long de l’année, l’Office est appelé à présenter son rôle et ses activités à différents groupes. En tout premier lieu, à la Commission de la présidence du conseil municipal, devant laquelle la présidente de l’Office présente le bilan des activités et échange avec les membres de la commission sur les travaux de l’OCPM et les orientations à venir. La rencontre de cette année a porté plus particulièrement sur les nouvelles méthodes de consultation que l’Office a dû développer dans le contexte de la COVID-19.

Depuis sa mise sur pied en 2002, l’Office a eu l’occasion de développer un réseau de contacts auprès d’organismes ayant des missions semblables à la sienne. Ces contacts ont contribué à améliorer les façons de faire de l’OCPM. Les activités externes de l’Office favorisent la diffusion du savoir-faire, la mise en valeur et le partage des expériences montréalaises.

Localement et au Québec, et tout au long de l’année, l’Office est appelé à présenter son rôle et ses activités à différents groupes. En tout premier lieu, à la Commission de la présidence du conseil municipal, devant laquelle la présidente de l’Office présente le bilan des activités et échange avec les membres de la commission sur les travaux de l’OCPM et les orientations à venir. La rencontre de cette année a porté plus particulièrement sur les nouvelles méthodes de consultation que l’Office a dû développer dans le contexte de la COVID-19.

Toujours localement, l’Office a participé à une série d’activités qui ont été très largement virtuelles à cause des conditions sanitaires prévalant cette année. Signalons une rencontre présentielle, à la fin de février avec le comité d’urbanisme de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Les échanges de la présidente avec les membres de ce comité ont largement porté sur les conditions requises pour assurer l’accessibilité sociale des projets. Pour la suite de l’année, les échanges se sont faits à l’aide d’une des nombreuses plateformes utilisées à partir du confinement du 13 mars.

La sortie du rapport sur le racisme et la discrimination systémiques en juin a suscité un certain nombre de demandes pour des présentations auprès de divers groupes. Parmi ceux-ci figurent le comité interculturel de l’Union des municipalités du Québec, l’UMQ, le Réseau des municipalités en immigration et relations interculturelles du Québec (REMIRI), le comité ethnoculturel du Barreau de Montréal, ainsi qu’une longue présentation suivie d’échanges avec le Groupe d’action contre le racisme du gouvernement du Québec, coprésidé par les ministres Nadine Girault et Lionel Carment. Dans ce même ordre d’idée, la présidente a également participé comme conférencière à l’activité sur les Femmes leaders organisée par le journal Les affaires ainsi qu’à un groupe de travail sur la relève de Concertation Montréal. Dans les deux cas, elle a témoigné de sa propre expérience et présenté les conclusions du rapport sur la présence des minorités visibles dans la fonction publique municipale.

Comme cela est toujours le cas chaque année, des rencontres ont aussi eu lieu avec des groupes d’étudiants dans le cadre de leur formation en urbanisme dans les universités montréalaises. Cette année, ces interventions, généralement menées par la coordonnatrice des analystes, Élise Naud, se sont élargies à l’Université Concordia et à l’École nationale d’administration publique, l’ENAP.

En 2019, l’Office est devenu partenaire institutionnel du Centre Jacques Cartier. Le Centre Jacques Cartier a été fondé en 1984 et rassemble une grande diversité d’acteurs institutionnels, universitaires, culturels et sociaux du Québec et de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de leurs grands centres urbains, à savoir : Montréal, Lyon, Saint-Étienne et Clermont-Ferrand. Le Centre est responsable de l’organisation des Entretiens Jacques Cartier, le plus grand rassemblement d’échanges de la francophonie. En alternance entre le Québec et la France, les entretiens qui se tiennent chaque année permettent une valorisation et un échange des meilleures expertises de ses participants. Les entretiens de 2020 devaient avoir lieu à Lyon et ont été remplacés par une édition virtuelle à laquelle l’Office a participé par le biais d’un kiosque virtuel présentant nos pratiques de consultation publique en général, et en particulier dans le contexte nouveau créé par la pandémie.

Nous avons poursuivi encore cette année une importante collaboration à un projet initié par Concertation Montréal. Il s’agit de MTElles. En partenariat avec la « Coalition montréalaise des Tables de quartier » et « Relais-femmes », MTElles soutient l’instauration de pratiques innovantes au sein des conseils d’arrondissements, des conseils de ville (agglomération de Montréal), des instances consultatives montréalaises et des tables de quartier. L’objectif est de favoriser la participation égalitaire à la vie démocratique et communautaire des femmes d’origines diverses et issues de tous les milieux socioéconomiques. Initiée en 2017, c’est une démarche qui se poursuivra au cours des prochaines années. Cette année, l’Office a participé au contenu de la Trousse d’outils pour une participation égalitaire. Toujours avec Concertation Montréal, l’OCPM a participé à deux webinaires sur les leçons apprises sur la participation citoyenne en temps de COVID.

L’Office assure une présence dans différents forums internationaux qui s’intéressent aux questions de démocratie participative. Le principal de ces forums est l’Observatoire international de la démocratie participative, l’OIDP. L’Office est membre de ce réseau depuis de nombreuses années. En 2020, l’Office devait participer à la vingtième édition de cette conférence qui devait se tenir à Abidjan en Côte d’Ivoire. Malheureusement, les circonstances ont fait en sorte que l’événement a été reporté à une date qui reste à déterminer.

Par ailleurs, le secrétaire général a également fait partie d’une délégation de l’OIDP qui a participé au Forum urbain mondial de UN Habitat qui s’est tenu du 6 au 13 février à Abu Dhabi, capitale des Émirats arabes unis. Ce forum, tenu aux deux ans et comptant plus de 6 000 participants, est une vitrine importante pour faire connaître ce que nous faisons et aussi prendre connaissance des initiatives en termes d’aménagement urbain qui se développent dans le monde. L’Office a participé à plusieurs panels et discussions pour présenter ses activités et ses pratiques de consultation publique. De plus, l’Office a participé en juillet, par la contribution du secrétaire général, à un séminaire sur la gestion de la pandémie du coronavirus et ses impacts sur la participation citoyenne en Afrique, organisé par la section africaine de l’Observatoire international de la démocratie participative.

En septembre, l’Office a aussi pris part à la conférence nord-américaine virtuelle de l’Association internationale pour la participation publique (AIP2). La présidente, Dominique Ollivier, y a présenté la plénière d’ouverture avec le directeur du Community Engagement Lab de Virginia Tech sur l’adaptation, les possibilités et les défis que présentent les contextes complexes, tels que celui de la pandémie mondiale actuelle, pour les milieux de la participation publique. De plus, la directrice des communications, Anik Pouliot et le responsable des démarches participatives, Guy Grenier y ont aussi donné l’atelier Soutenir l’engagement lors de longues consultations en 10 questions.

La question du maintien de l’engagement dans les longs processus a aussi fait l’objet d’une deuxième présentation virtuelle par le même duo, accompagné de la représentante d’Électricité de France, lors des Rencontres nationales de la participation, organisées en octobre par Décider Ensemble. L’Office entretient une collaboration soutenue avec cette organisation qui a pour mission de réunir les acteurs de la société française pour créer une culture de la décision partagée et aborder les thématiques de participation, de concertation et de dialogue entre les parties prenantes. La présidente de l’OCPM a d’ailleurs été invitée par le député français Bertrand Pancher et président de l’organisme à contribuer à l’ouvrage « Quel renouvellement pour notre démocratie et nos systèmes de décisions? » lancé virtuellement en juillet 2020.

En octobre, dans le cadre de la Semaine européenne de la démocratie locale, une initiative coordonnée par le Conseil des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe et organisée cette année par la Mairie de Valongo au Portugal, Dominique Ollivier était l’une des conférencières invitées sur le thème : « A Global World - Networks of Participation and Funding in Citizenship ». Elle y a notamment présenté, en compagnie de conférenciers de tous les continents, le modèle de l’OCPM ainsi que les mesures mises en place dans le contexte de pandémie pour assurer la participation sans exclusion.

De plus, l’année 2020 a vu se continuer nos relations de conseil avec diverses régions et métropoles françaises pour partager l’expérience montréalaise dans l’engagement citoyen au service de la décision publique. C’est ainsi que nous avons notamment eu des rencontres de travail virtuelles avec la Région Centre-Val de Loire qui désire mettre sur pied une coopérative régionale du débat public, et avec la métropole de Grenoble qui cherche à réaliser un Pacte de gouvernance avec les communautés locales.

Finalement, le secrétaire général a assuré la présence de l’Office et a représenté Montréal dans un groupe de travail qui étudie et compare les pratiques de participation citoyenne de quatre villes : Barcelone, Madrid, Cordoba en Argentine et Montréal. Cette démarche est sous la responsabilité de l’Association mondiale des grandes métropoles, Métropolis, dont Montréal est un membre fondateur. Une rencontre de deux jours, en partie ouverte au public par le biais d’une plateforme participative, s’est tenue en novembre.

Budget

Conformément à la Charte de la Ville de Montréal, le conseil municipal met à la disposition de l’Office les sommes nécessaires à la réalisation de son mandat. En vertu des articles 83 et 89 de la Charte, l’Office est tenu de mener toutes les consultations qui lui sont demandées par le comité exécutif ou le conseil municipal. Les états financiers de l’Office sont vérifiés par un vérificateur associé au vérificateur général de la Ville. Il s’agit de la firme Deloitte. Les états financiers vérifiés sont présentés au conseil municipal.

En 2020, le nombre de mandats reçus et le niveau des diverses activités de l’Office ont fait en sorte que les sommes affectées en début d’année dans le cadre du budget annuel de la Ville se sont avérées suffisantes pour réaliser tous les mandats. En conséquence, l’Office n’a pas eu, comme cela a souvent été le cas dans les dernières années, à demander des crédits supplémentaires comme le prévoit l’article 82 de la Charte de la Ville de Montréal.

Voici la répartition des dépenses par grande famille.

Employés et collaborateurs en 2020

Employés
Brunelle-Amélie Bourque
Louis-Alexandre Cazal
Luc Doray
Elisabeth Doyon
Laurent Maurice Lafontant
Lizon Levesque
Élise Naud
Faustin Nsabimana
Anik Pouliot
Geneviève Robitaille
Gilles Vézina
Collaborateurs
Hadrien Chénier-Marais
Reinaldo De Freitas
Joanne Gibbs
Pierre Goyer
Guy Grenier
Marina Jolly
Marc-André Lapointe
Patrick Marais
Paul Marchand

Youla Pompilus-Touré
Vincent Roy
Joseph Tchinda Kenfo
Marie-Odile Trépanier
Akos Verboczy
Henri Vézina
Mohamed-Ali Yanouri

Production

Coordination de la rédaction
Luc Doray

Collaboration
Anik Pouliot
Geneviève Robitaille

Révision
Lizon Levesque
Geneviève Robitaille

Traduction
Joanne Gibbs

Photographies
Josée Lecompte
Frédéric Tougas
Sylvie Trépanier

Conception graphique
Élisabeth Doyon

Intégration web
Louis-Alexandre Cazal